



Santé animale : une tendance de marché inchangée ?
En effet, en 2012, le marché a encore connu une évolution très satisfaisante, ses composantes régionales ne sont pas très différentes de celles de 2011. L’Europe continue à afficher des taux de croissance faibles de l’ordre de 2% malgré des progressions encore correctes en animaux de compagnie. Les États-Unis ont enregistré une croissance assez forte comme en 2011, trois fois supérieure à celle de l’Europe, et similaire en animaux de compagnie et animaux de production. La croissance dans le reste du monde s’est maintenue à un niveau assez élevé, malgré un ralentissement très perceptible en Amérique latine.
Comment se porte Virbac sur ce marché ?
Le Groupe a une nouvelle fois progressé plus vite que le marché avec une croissance organique de 8,1%. La performance la plus remarquable vient des États-Unis où Virbac a connu une hausse de plus de 20%, en partie due néanmoins à la fermeture d’un site industriel produisant un concurrent de l’antiparasitaire Iverhart, désormais le premier produit du Groupe. La filiale américaine est ainsi devenue la plus importante de Virbac devant la France, une évolution logique compte tenu des tailles respectives des marchés. Virbac a aussi gagné des parts de marché en animaux de compagnie en Europe grâce à la première année pleine du vaccin CaniLeish qui a connu un succès remarquable en Espagne, en Grèce et à un degré moindre en Italie. Les gains de parts de marché ont été aussi nets en Amérique latine (Brésil, Mexique) et en Asie (Inde, Japon). Les seules pertes de parts de marché se situent en Europe en animaux de production où Virbac a légèrement régressé dans un marché quasiment stable.
2012 : une année majeure pour les acquisitions ?
Incontestablement, 2012 restera comme un grand cru en termes de croissance externe. L’acquisition de Stockguard en cours d’année nous a permis de devenir un acteur clé du marché bovin laitier en Nouvelle-Zélande, celle des droits sur Multimin en Australie renforce encore nos positions dans ce pays devenu la troisième filiale du Groupe. Dans la continuité du désinvestissement mené aux États-Unis il y a quelques années, nous avons aussi cédé, à des acteurs mieux armés que Virbac, nos activités dans les circuits spécialisés (animaleries et jardineries) en France et au Pays-Bas. À l’inverse, les filiales hollandaises et belges qui n’étaient détenues qu’à 75% sont maintenant des filiales à 100%. Mais l’opération phare de l’année restera certainement la prise de participation à 51%, avec option de rachat ultérieur des 49% restants, dans la société Centrovet au Chili. Cette société, leader sur le marché chilien de la santé animale a connu un développement remarquable dans le domaine de l'aquaculture qui représente déjà les deux tiers de son chiffre d'affaires. L’aquaculture semble destinée à un bel avenir, le poisson représentant la source de protéines la plus efficace pour subvenir aux besoins grandissants de nutrition de la planète. Les acteurs du marché de la santé animale spécialisés en aquaculture sont peu nombreux et Centrovet s’y distingue en particulier par sa maîtrise technologique dans les vaccins oraux.
Que dire des résultats financiers ?
La rentabilité opérationnelle a encore progressé, passant de 13,8% à 14,1% du chiffre d’affaires, ce qui constitue en réalité une performance similaire à celle de 2011 en prenant en compte l’augmentation de 0,6 point du ratio de dépense de R&D sur chiffre d’affaires que nous avions souhaitée pour renforcer la capacité d’innovation à moyen/long terme du Groupe. La génération de trésorerie constitue en revanche un domaine où la performance a été supérieure à celle de 2011, les 14,2 millions € de disponibilités générés grâce à une très bonne maîtrise du besoin en fonds de roulement nous ayant permis de limiter l’augmentation du ratio endettement net sur capitaux propres, part du Groupe à 38,7% en dépit du programme d’acquisitions très conséquent de l’année.
Comment s’annonce 2013 ?
Comme en 2012, nous anticipons une faible progression des marchés européens, mais des évolutions toujours satisfaisantes dans le reste du monde. Aux États-Unis, la filiale de Virbac a annoncé début avril à ses distributeurs l’interruption de la commercialisation de l’antiparasitaire interne Iverhart Plus ; certains lots de produits font l’objet d’un rappel volontaire : les tests ont en effet montré ou pourraient montrer une teneur en ivermectine inférieure aux spécifications avant la date de péremption des produits. Pour pallier cette interruption d’approvisionnement, Virbac États-Unis propose à ses clients le produit Iverhart Max au prix d’Iverhart Plus, pour une durée de 6 mois. Cet événement et la faiblesse de l’activité du premier trimestre rendent plus difficile à atteindre l’ambition d’une croissance organique de 5 à 7% et d’une augmentation d’un demi-point du taux de rentabilité opérationnelle annoncée lors de la publication des résultats 2012. Avec l’apport des acquisitions réalisées en 2012, le potentiel de croissance des produits lancés récemment ainsi que celui des pays émergents, le Groupe reste néanmoins confiant dans sa capacité à générer une croissance globale à deux chiffres de ses ventes et de son résultat opérationnel.
Éric Marée